Influence de Billy Graham dans le monde évangélique

Influence de Billy Graham dans le monde évangélique

Par l’ampleur universelle avec laquelle il a annoncé l’Évangile, le télévangéliste américain, décédé le 21 février à 99 ans, a marqué toutes les Églises évangéliques, y compris en France.

« La venue à Paris de Billy Graham en septembre 1986 a indéniablement marqué un tournant pour les évangéliques français de l’époque qui, jusque-là, étaient classés parmi les sectes. » Le pasteur pentecôtiste Éric Célérier, fondateur du portail évangélique Topchrétien (1), parle du célèbre télévangéliste américain, décédé le 21 février à l’âge de 99 ans, avec émotion et admiration, car il l’a assez bien connu.

À 22 ans, le pasteur français avait travaillé pendant un an à la préparation de cette campagne Paris-Bercy de 1986. Vingt-quatre ans plus tard, il retrouvait Billy Graham dans sa vaste maison à Asheville (Caroline du Nord), pour travailler plusieurs mois avec la « Billy Graham Evangelistic Association » (BGEA).

Nul doute, selon lui, qu’en 1986 Billy Graham a donné une visibilité et une légitimité aux Églises évangéliques en France. Durant sa semaine en France, Billy Graham avait parlé sept soirs de suite dans un stade de Bercy bondé (17 000 places), avec retransmission en direct dans 20 villes. « C’était une première en France », souligne Éric Célérier.

Lorsqu’on l’interroge sur un possible successeur au télévangéliste américain, le pasteur Célérier balaie la question : « Il est impossible de succéder à Billy Graham. Il fut un homme unique, à une époque unique. » De fait, le télévangéliste a marqué l’histoire des États-Unis : en lien étroit avec la Maison-Blanche, il était une sorte d’« ambassadeur sans titre » souvent envoyé en missions de médiation par le Département d’État, notamment dans les pays communistes au temps de la Guerre froide.

220 millions de personnes ont assisté à ses prédications

Billy Graham a marqué aussi l’histoire du christianisme, puisqu’il fut le premier à évangéliser à une telle échelle. « Il est allé dans 180 pays, et on estime que plus de 220 millions de personnes ont assisté à ses prédications – sans parler des personnes suivant les retransmissions télévisées de ses meetings », insiste Éric Célérier.

À la suite de son séjour à Asheville en 2010, Éric Célérier est resté en lien avec Billy Graham et ses 5 enfants. Le fils aîné Franklin Graham, 65 ans, après une période « rebelle », a pris la direction de l’ONG caritative fondée par son père, Samaritan Purse. « Il est très engagé politiquement, et prend très clairement position en faveur des conservateurs, à la différence de Billy qui fut successivement le conseiller de chacun de présidents américains et se situait au-delà des partis », explique le pasteur Célérier en rappelant que Franklin a soutenu le candidat Trump.

Sa fille aînée pour héritière

C’est la fille aînée Anne Graham-Lotz, 63 ans, qui, selon Éric Célérier, est « vraiment l’héritière du don de son père. Prédicatrice hors pair et femme au grand cœur, elle est très médiatique aux États-Unis. Comme son père, elle a un ministère itinérant, elle donne des conférences et publie des livres ».

Éric Célérier est en lien également avec le petit-fils Will Graham, 43 ans, fils de Franklin, évangéliste organisant des « croisades » à travers le monde comme son grand-père. Il est le président du centre de formation et de retraite spirituelle « The Cove », à proximité de la maison familiale d’Asheville.

« Modesto Manifesto »

Pour expliquer pourquoi Billy Graham n’a pas été, comme d’autres télévangélistes, accusés de corruption ou d’affaires de mœurs, le pasteur Célérier rappelle la signature du « Modesto Manifesto » au début des années 1950. Avec ses deux associés, Cliff Barrows et Georges Beverly Shea, avec lesquels il a travaillé pendant soixante ans, Billy Graham avait en effet signé une charte en 3 points : ne jamais prendre d’argent à tire personnel (tout était reversé à la BGEA) ; ne jamais prendre de risque de promiscuité sexuelle (les chambres d’hôtel de Billy Graham étaient systématiquement inspectées pour éviter tout piège) ; ne jamais surévaluer le nombre de participants aux meetings.

À ces trois résolutions, s’en est ajoutée immédiatement une quatrième : ne jamais se critiquer publiquement entre eux trois et ne jamais répondre publiquement à des critiques.

Claire Lesegretain
www.la-croix.com

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